Prix du tabac au 1er janvier 2027 : à quoi s'attendre ?

Prix du tabac au 1er janvier 2027 : à quoi s'attendre ?

Au 1er janvier 2027, les taxes sur le tabac devraient augmenter d'environ 2 %, soit quelques dizaines de centimes de plus par paquet selon les marques. Les nouveaux prix seront connus mi-décembre. Pour le buraliste, la hausse rapporte peu sur la remise. Elle permet surtout de vendre au nouveau prix le stock déjà en rayon, mais la réserve déclarée pèse sur la trésorerie.

De combien le prix du tabac va-t-il augmenter en janvier 2027 ?

Depuis 2024, les taxes sur le tabac sont automatiquement indexées sur l'inflation chaque 1er janvier : c'est inscrit dans la loi. Le projet de loi de finances pour 2027 fournit la prévision d'inflation qui fixe le taux : environ +2 %, contre +0,8 % en janvier 2026.

À titre indicatif, la hausse de janvier 2026, plus faible, avait ajouté 10 à 50 centimes par paquet selon les produits. Celle de 2027 devrait donc être un peu plus marquée. Chaque fabricant fixe ensuite ses propres prix.

Quand connaîtra-t-on les nouveaux prix ?

Le calendrier est le même chaque année :

  1. Du 9 au 16 novembre 2026 : les fabricants déposent leurs nouveaux prix.
  2. Vers le 11 décembre 2026 : la liste des prix homologués est publiée.
  3. 1er janvier 2027 : les nouveaux prix s'appliquent dans tous les bureaux de tabac.

Nous mettrons cet article à jour dès la publication des prix officiels.

La remise du buraliste augmente-t-elle avec les prix ?

En pourcentage, non. En 2026, la remise est de 8,35 % net et 10,29 % brut, des taux inchangés depuis le 1er janvier 2025. Comme elle est calculée sur le prix de vente, elle augmente mécaniquement de quelques centimes par paquet quand le prix monte.

Sur une hausse de 30 centimes, la remise nette progresse d'environ 2,5 centimes par paquet. C'est peu, surtout si les volumes continuent de baisser.

Ce que ça change pour vous

Une déclaration de stock est probable. À chaque hausse de la fiscalité, les buralistes doivent déclarer leur stock de tabac. En janvier 2026, elle portait sur la réserve, arrondie à l'unité de conditionnement inférieure (la cartouche, pour les cigarettes), et les produits en rayon en étaient exclus. Sur le stock déclaré, le complément de taxes est répercuté. Les délais changent d'une campagne à l'autre : vérifiez la fiche de la Douane dès sa publication.

Ce qui est en rayon se vend au nouveau prix. « Ce qui est mis en rayon n'est pas soumis à la déclaration de stock. Si vous vendiez le paquet 12,50 € la veille et qu'il passe à 12,80 € le lendemain, les 30 centimes sont pour vous. C'est pour ça que je remplissais mes rayons au maximum, même les pots. »

Exemple, avec des hypothèses à adapter à votre point de vente :

Exemple : le gain sur le stock en rayon au 1er janvier

  • Paquets en rayon le 31 décembre au soir : 600
  • Hausse supposée au 1er janvier : 0,30 € par paquet
  • Gain sur le stock en rayon : environ 180 €

Le vrai sujet, c'est votre stock. Ce n'est pas tant la première commande de l'année qui pèse sur la trésorerie que le stock dans son ensemble. Une cartouche de 10 paquets, c'est environ 110 à 120 € immobilisés. Dix cartouches de trop, et ce sont déjà plus de 1 000 € bloqués, sur lesquels la déclaration de stock fait en plus payer le complément de taxes. « Il faut ensuite réussir à l'absorber dans le temps. »

Une réserve au plus juste. Ce que nous avons appris au Cyrano :

  • la commande proposée par Logista, calculée sur vos ventes moyennes, est un point de départ : ne la validez jamais sans la relire ;
  • méfiez-vous des commerciaux qui poussent à la vente : ils peuvent gonfler votre stock sans que vos ventes suivent.

L'erreur à éviter : le surstock de références rares. « Le tabac, c'est un stock roulant. Les Marlboro se vendent bien, vous n'allez pas les garder dix ans. Mais vous pouvez rester un an avec une cartouche d'une référence rare, commandée pour un seul client qui fume un paquet par mois. Il m'est arrivé qu'une cliente qui fumait trois paquets par jour déménage : je me suis retrouvé avec une dizaine de cartouches qui ne se vendaient pas. Et le client qui fume une autre version ne voudra pas forcément de celle-là, même si c'est le même fabricant. »

Et ne jamais frauder. Sous-déclarer son stock expose à des sanctions, et les douanes contrôlent. « Il ne faut jamais frauder. »

Avant le 1er janvier, vérifiez :

  • que vos rayons sont remplis, sans gonfler la réserve ;
  • que vous savez faire l'inventaire de votre réserve pour la déclaration de stock (en 2026, le délai était exceptionnellement du 1er au 8 janvier) ;
  • votre trésorerie pour le complément de taxes et pour la première commande de janvier ;
  • que les nouveaux prix remontent bien dans votre caisse le 1er janvier au matin.

Les clients vont-ils acheter ailleurs ?

Oui, surtout près des frontières : la fiscalité n'est pas la même chez nos voisins. Voici ce que j'observe au comptoir, à Valenciennes, près de la frontière belge :

  • Le tabac à rouler en pots est, d'après mon expérience, la première source de fraude : des clients se regroupent et l'un d'eux part acheter 20, 30 ou 40 pots pour tout le monde.
  • La Belgique commence, à mon sens, à se rapprocher des prix français. Le Luxembourg reste nettement moins cher. Dans le Sud, ce sont l'Andorre, l'Espagne et l'Italie.
  • Après une hausse, je vois beaucoup de clients passer au tabac à rouler.

« Il y a toujours ce problème de prix, et il est impressionnant. » Chaque hausse renforce cette concurrence. C'est une raison de plus pour ne pas dépendre du seul tabac et pour suivre de près la rentabilité de vos autres rayons.

D'autres hausses sont-elles possibles en 2027 ?

Oui, ce n'est pas exclu. Un amendement au projet de budget de la Sécurité sociale pour 2027 propose de relever fortement la taxe minimale sur les cigarettes (le « minimum de perception »). Selon l'association des fabricants (AFTF), cela pourrait ajouter environ 1,60 € par paquet. Le texte est en discussion à l'Assemblée depuis le 20 octobre : rien n'est adopté à ce stade.

Le même texte comporte une autre mesure suivie de près : l'interdiction de vendre du tabac aux personnes nées à partir de 2009, votée en commission. Nous y consacrerons un prochain article.

Le conseil d'Adrien

« Le point le plus important dans ce métier, ce sont les flux de trésorerie. Même quand on gère bien, il y a un euro qui manque dans la caisse et on se demande où il est parti. Mon premier conseil, c'est de bien s'entourer : un bon partenaire bancaire et un bon comptable. Pour qu'il soit bon, il faut qu'il soit spécialisé, et il faut le payer. »

Au moment d'une hausse, c'est exactement ce qui fait la différence : savoir combien sortir pour la déclaration de stock et la commande de janvier, sans mauvaise surprise.

Questions fréquentes

Quel sera le prix du paquet de cigarettes en 2027 ?
Il dépendra de chaque marque. Une hausse d'environ 2 % des taxes est attendue au 1er janvier 2027, soit quelques dizaines de centimes par paquet. Les prix officiels seront publiés vers le 11 décembre 2026.

La hausse est-elle certaine ?
Presque. L'indexation sur l'inflation est automatique et déjà prévue par la loi. Seul son montant exact, autour de 2 %, reste à confirmer, sauf si le Parlement décide un gel.

Le buraliste gagne-t-il plus quand le prix du tabac augmente ?
Très peu. Sa remise reste fixée en pourcentage (8,35 % net en 2026). Elle progresse de quelques centimes par paquet, alors que la commande, elle, coûte plus cher.

Faut-il commander plus avant la hausse ?
Non. La réserve est en général soumise à la déclaration de stock et au complément de taxes. Ce qui compte, c'est d'avoir des rayons bien remplis le 31 décembre, sans immobiliser de trésorerie dans un stock trop important.

En résumé

La hausse de janvier 2027 sera probablement modérée, mais elle tombe au moment où la trésorerie est la plus sollicitée. Remplissez vos rayons avant le 31 décembre, gardez une réserve au plus juste et prévoyez le complément de taxes dans votre trésorerie.

Adrien, buraliste depuis 12 ans à Valenciennes et cofondateur de Buraleasy.

Sources